28 septembre 2008
Ca peut plus durer !
Vous allez dire que je frappe toujours sur les mêmes. Ca n’est pas complètement faux et si ‘L’humeuriste se sent très souvent d’humeur gauchiste, il n’en est pas moins citoyen responsable. Je commencerai donc par complimenter M. Sarkozy (si si)
Nul doute que cet homme manie le verbe ou en tout cas sait choisir les hommes qui manient le verbe, lui-même ne faisant que le déclamer. Jeudi soir à Toulon encore, il a su apporter de l’émotion et du sentiment à son discours. “Je vous dois la vérité ...”
Mais commençons par nous rappeler Toulon le 7 février 2007, ce même Sarkozy :
“(...) j’entends ce cri qui s’élève des profondeurs du pays et dont l’écho semble se répéter indéfiniment : « ça ne peut plus durer ».
Ça ne peut plus durer les travailleurs pauvres qui se demandent quoi faire pour s'en sortir. (...) Ça ne peut plus durer l’assisté qui gagne plus que le travailleur, l’école qui n’apprend pas à lire, à écrire, à compter correctement. (...) Ça ne peut plus durer les parachutes en or pour celui qui échoue, les stock options réservées à quelques-uns. (...) Ça ne peut plus durer les délocalisations provoquées par la concurrence déloyale, le dumping social, écologique, fiscal, (...) Ça ne peut plus durer le travail découragé, le travailleur démoralisé.
Ça ne peut plus durer le travailleur qui paye pour tout le monde.”
Et puis nous voilà un an et demi plus tard, toujours à Toulon, voyez comme 1,5 an de pouvoir à arranger les choses ...
“Si j’ai voulu m’adresser ce soir aux Français, c’est parce que la situation de notre pays (...) De grandes institutions financières sont menacées, des millions de petits épargnants dans le monde qui ont placé leurs économies à la Bourse voient jour après jour fondre leur patrimoine, des millions de retraités
qui ont cotisé à des fonds de pension craignent pour leurs retraites, des millions de foyers modestes sont mis en difficulté par la hausse des prix (...)
La vérité, les Français la veulent, ils sont prêts à l’entendre.”
En vérité, nous le sommes depuis un bon moment, mais Madame Lagarde nous dit depuis ces mêmes mois que tout va bien et qu’il y a de la croissance .. Permettez moi monsieur le président d’être un tantinet surpris !
“Dire la vérité aux Français, c’est leur dire que la crise n’est pas finie, que ses conséquences seront durables (...) Dire la vérité aux Français, c’est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d’achat. (...)
Dire la vérité aux Français, c’est leur dire d’abord la vérité sur la crise financière.
(...) Ce système où celui qui est responsable d’un désastre peut partir avec un parachute doré, où
un trader peut faire perdre cinq milliards d’Euro à sa banque sans que personne s’en
aperçoive”
Ce que j’aime chez lui, c’est sa façon très sympa de nous prendre pour des cons ! Quand il a demandé la tête de Daniel Bouton à la Société Générale (faut reconnaitre), le moins que l’on puisse dire est que c’était très efficace puisque Bouton est toujours à la tête de la Société Générale .. Il est où ton pouvoir Nicolas sur la Capitalocratie ?
“Je n’hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs
doivent être encadrés. Il y a eu trop d’abus, trop de scandales.”
Je me souviens aussi d’une augmentation de salaire de la présidence française l’année dernière ...
“La France s’en sortira non en travaillant moins mais en travaillant plus. Tout doit être fait pour encourager le travail (...)”
Le lendemain de ce discours Renault annonçait 2000 suppressions de plus en Europe, on peut dire que le discours de Toulon a fait son effet !
Vous avez raison Monsieur Sarkozy, ça ne peut plus durer ! Arrêter de vous la raconter ...
02 septembre 2008
Recherche leader désespérément
Je veux bien sûr parler du PS, parti présidentiel où nous voyons de nouveau quelques tensions apparaître en vue du congrès de novembre pour l'investiture du premier secrétaire.
Actuellement, soyons réaliste, les vrais candidats vis à vis de l'opinion public sont Ségolène Royal et Bertrand Delannoë. S'agissant de Martine Aubry, elle est en pleine reconstruction de sa ligne politique, son image n'est franchement pas très positive, les 35 heures lui collent encore à la peau, notamment dans les classes populaires les plus touchés par la baisse du pouvoir d'achat. Elle a donc à reconquérir cet électorat passé à droite et doit s'atteler à propager une onde positive visant à faire retrouver le sourire et l'envie de communier ensemble autour de la culture, de l'économie et du social.
L'exemple lillois la porte pour le moment, il s'agit bien entendu d'un retour à la politique nationale grâce à sa légitimité locale obtenue depuis 2002. Lille 2004, Lille 3000, l'effervescence économique autour d'Euralille pour le commerce, de la Haute Borne pour la recherche,d'Eurasanté pour la santé, d'Euratechnologies pour les technologies de l'information et de la communication... placent Lille comme la réelle turbine de développement de toute la région Nord Pas-de-Calais.
Disons-le, c'est un retour en fanfare des maires urbains, Paris, Lille, c'est à mon sens une bonne chose pour proposer un projet "France" ayant une réelle connotation européenne. Néanmoins, manque de leader, manque de prise de pouvoir national avec sans doute une vision trop centrée sur le local (cf. supprématie du PS en région), ces deux éléments me font penser que le PS peut gagner uniquement si la droite venait à perdre, autrement dit, nous pourrions être vainqueur que par abandon de notre adversaire, dur, dur ! Sur la vision locale, il me semble que le parti soit un tantinet trop tiré par ce localisme non porteur de victoire sur la scène nationale, le challenge est bien l'Elysée et non plus telle ou telle région.
Il faut donc retrouver une vision, une stature proposant à chanque français une place dans l'ère européenne, place assurant des emplois nouveaux, des perspectives culturels nouvelles et des liens entre les européens plus forts.
Ces quelques lignes traduisent mes souhaits actuels dans un contexte intense de changement, c'est ce qu'appelait François Mitterrand "la révolution", elle qui je pense est nécessire à condition de miser et donner la capacité aux français de faire, d'apprendre afin de s'adapter aux nouveaux défis de la planète.
Favorisons les talents, dénichons les truffes les plus rares, chouchoutons-les, protégeons-les, rassurons-les, soyons à leur côté et proposons leur de poursuivre le chemin déjà entamé ensemble. Je souhaite que les valeurs humaines l'emportent et que nous soyons en mesure d'aider, de soutenir et de construire des choses dans l'ombre, aux yeux de tout le monde, il y a tellement de personnes de valeur...